L’Effet scènes 2019

L’Effet scènes 2019
23 févr. 2019

LES SCÈNES NATIONALES, MAISONS COMMUNES DES ARTISTES ET DES CITOYENS

74 scènes nationales sont réparties sur le territoire français, dont deux en outre-mer, en Martinique et Guadeloupe. Les plus anciennes portent encore le nom inaugural de Maisons de la culture, telles que les a imaginées André Malraux à la création du ministère de la Culture, il y a 60 ans.

Toutes sont porteuses de cet héritage, on pourrait dire de cette vision, qu’elles s’emploient à faire vivre au présent. Certaines sont situées dans de grandes métropoles, d’autres dans des zones rurales ou montagneuses, la majorité dans des villes moyennes.

Financées conjointement par le ministère de la Culture et les collectivités territoriales, qui apportent les trois quarts de leurs financements publics, elles constituent des points d’appui essentiels pour la mise en oeuvre de politiques publiques partagées pour le développement de la vie artistique et culturelle des territoires au service des artistes et des populations dans toute leur diversité.

Elles comptent chaque année plus de quatre millions et demi d’entrées pour plus de 4000 spectacles donnant lieu à plus de 9000 représentations, près de 180 expositions et 28000 séances de cinéma. Les participants aux nombreuses actions culturelles viennent encore élargir cette affluence.

La photographie est enthousiasmante mais les chiffres ne disent pas tout.

Ils ne disent pas que cet ensemble n’est pas seulement l’addition d’une somme d’individualités rassemblées sous un même nom générique mais un réseau uni autour de valeurs et de responsabilités communes, porteur d’un label attribué par le ministère de la Culture et dont la raison d’être est de créer, jour après jour, les meilleures conditions pour le travail et le développement des artistes de toutes disciplines et pour leur rencontre avec les populations.

Ils ne disent pas la vivacité de ce réseau, sa diversité, son acuité dans le repérage des équipes en devenir, sa capacité d’invention, d’adaptation à l’évolution des pratiques, comment chacune, dans la réalité économique et sociale de son territoire, invente des manières de s’adresser à tous et chacun, petits et grands, dans la diversité de situations, des pratiques, des projets, des désirs et des rêves.

Ces chiffres ne disent pas assez la force du réseau, son pouvoir multiplicateur pour le soutien à la création et la diffusion des oeuvres, sur l’ensemble du territoire mais également dans d’autres pays du monde à travers des échanges avec d’autres réseaux de diffusion comme c’est le cas aujourd’hui avec la Chine.

Ils ne montrent pas que ces maisons ouvrent leurs portes, bien au-delà des soirs de spectacles, de séances de cinéma ou au moment des expositions : les artistes y trouvent des lieux de travail et les habitants des endroits chaleureux et accueillants et des invitations à exercer une pratique artistique ou à s’engager dans des projets aux côtés des équipes professionnelles.

Ni qu’elles quittent régulièrement leurs murs, entraînant les artistes, dans les quartiers, sur les chemins et les vallées, parfois dans des endroits insolites, toujours au plus près des gens. Qu’elles sont de formidables caisses de résonance qui captent l’écho du monde et le portent jusqu’aux endroits les plus reculés de leur territoire.

C’est la raison pour laquelle je salue l’initiative de l’Association des Scènes nationales qui a inventé L’Effet scènes : pour une mise en lumière pendant un mois de la diversité des pratiques et des propositions artistiques et culturelles.

Pour montrer que les scènes nationales sont des lieux de croisements et de rencontres : des arts, des idées, des citoyens, des responsables publics (l’État et les collectivités) rassemblés autour d’une volonté commune d’assurer, dans tous les territoires, un service public de la culture vivant, ouvert et généreux, plus que jamais indispensable à notre société.

[Franck Riester, Ministre de la Culture]

 

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