Un goût prononcé pour l’hybridation

Un goût prononcé pour l’hybridation
25 mars 2019

Certaines Scènes nationales ont un goût prononcé pour l’hybridation, la transdisciplinarité. C’est le cas dans le travail d’autofiction au long cours que propose le Manège, Scène nationale de Maubeuge les 3 et 4 avril. Trois spectacles nés dans la foulée l’un de l’autre, comme si chacun appelait une suite pour pouvoir former, au final, trois actes d’une seule et même pièce. Gurshad Shaheman, comédien d’origine iranienne prend la parole sur quelques épisodes constitutifs de sa vie, de sa petite enfance à son entrée dans l’âge adulte. Pourama Pourama est un objet hybride à la croisée du théâtre, de l’installation sonore et de la performance.

Dans « Touch me », à partir des photos et de souvenirs, le comédien revient sur sa petite enfance passée à côté de son père dans l’Iran des années 80

Dans « Taste me », il prépare un repas iranien, partagé avec les spectateurs, et raconte son adolescence passée seul avec sa mère, leur exil d’Iran et ses premiers pas dans l’apprentissage du français.

« Trade me » vient clotûrer cette quête d’identité et affirmer son émancipation des deux figures parentales. Il fait ici le récit de ses histoires amoureuses où les relations passionnelles s’entremêlent.

Dans chaque pièce, la place du spectateur est repensée de manière à lui proposer une expérience sensorielle et immersive. Un moment étonnant, intime et touchant à vivre pleinement. Gurshad Shaheman déroule le fil d’un récit initiatique émouvant, tissé entre l’Iran et la France, l’Orient et l’Occident. L’élaboration d’un « je » à la fois personnel et universel.
Ce triptyque a été repéré comme l’un des meilleurs spectacle de l’année de sa création.

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