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Histoire


Les grandes dates

1925

JACQUES COPEAU et ses Copiaus jouent sur de simples tréteaux dans des
villages bourguignons.

1944

JEANNE LAURENT, est nommée sous-directrice de la direction des Spectacles et de la Musique. Elle lance la politique de décentralisation dramatique.

1951

JEAN VILAR inaugure le Théâtre national populaire.

1959

ANDRÉ MALRAUX crée le ministère des Affaires culturelles et engage le projet des Maisons de la culture.

1961

Création de la DIRECTION DU THÉÂTRE, DE LA MUSIQUE ET DE L’ACTION CULTURELLE.

1967

Signature d’un protocole d’accord définissant le rôle des MC en matière de CINÉMA.

1969

Lancement de la déconcentration et création des premières DRAC.

1979

Création de la DIRECTION DU THÉÂTRE ET DES SPECTACLES.

1982

Le ministère de la Culture augmente son budget qui passe de 0,47% À 0,75% de celui de l’État.

1990

Création du LABEL Scène nationale

1998

Établissement de la CHARTE DE SERVICE PUBLIC pour le spectacle vivant.


Histoire

DE LA LIBÉRATION À LA CRÉATION DU MINISTÈRE DES AFFAIRES CULTURELLES: LA VOLONTÉ DE L’ÉTAT IMPULSE LA DÉCENTRALISATION CULTURELLE.

«À la base de tout, il y a cette féconde et persistante utopie du progrès, héritée des Lumières, entretenue sans relâche depuis la fin du XVIIIe siècle à travers toute l’Europe et devenue plus vivace que jamais au moment de la Libération.» (Robert Abirached)*.

L’histoire débute véritablement sous l’impulsion de Jeanne Laurent*, sous-directrice de la direction des Spectacles et de la Musique en 1944. Fer de lance de la politique de la décentralisation dramatique, elle fonde 5 Centres dramatiques nationaux (CDN)* tandis que Jean Vilar* inaugure sa Semaine d’art dramatique en 1947 à Avignon puis le Théâtre national populaire* au Palais de Chaillot en 1951. L’aventure se poursuit en 1953 avec la création des Amis du théâtre populaire (ATP), qui organisent bénévolement des saisons théâtrales dans des villes dépourvues de structure culturelle, dans le sillage de Jacques Copeau*, Firmin Gémier* ou Léon Chancerel*… C’est sur ce terreau qu’André Malraux* crée en 1959 le ministère des Affaires culturelles et engage le projet des Maisons de la culture (MC). Il déclare : « Il n’y a qu’une culture démocratique qui compte et cela veut dire quelque chose de très simple. Cela veut dire qu’il faut que, par ces Maisons de la culture qui, dans chaque département français, diffuseront ce que nous essayons de faire à Paris, n’importe quel enfant de seize ans, si pauvre soit-il, puisse avoir un véritable contact avec son patrimoine national et avec la gloire de l’esprit de l’humanité. Il n’est pas vrai que ce soit infaisable. »

DE LA PREMIÈRE MAISON DE LA CULTURE À L’AVÈNEMENT DE LA DIRECTION DU THÉÂTRE ET DES SPECTACLES: LES ÉTABLISSEMENTS CULTURELS AMÉNAGENT LE TERRITOIRE.

En 1961, André Malraux étrenne la première MC au Havre quand le VIe Plan (1962-1965) en prévoit la création d’une vingtaine. « Il s’agit de faire ce que la IIIe République avait réalisé, dans sa volonté républicaine, pour l’enseignement […] Ce que je vous demande, c’est exactement 25 kilomètres d’autoroutes ! » Les Maisons continuent à essaimer, tandis que les Centres d’action culturelle (CAC), établissements plus modestes dont le financement entre l’État et les municipalités n’est plus paritaire, voient le jour en 1968. Après les événements de Mai, on allait s’apercevoir que le théâtre public et les Maisons de la culture étaient entrés dans une nouvelle ère, marquée par des incertitudes sur leur vocation, leurs rapports avec le public et leurs liens avec l’État. L’année suivante, voit le lancement de la déconcentration et la création des trois premières directions régionales des Affaires culturelles (DRAC)*. Avec l’avènement de la direction du Théâtre et des Spectacles en 1979, la tutelle des établissements d’action culturelle est transférée à la nouvelle mission du développement culturel. En 1981, le réseau est composé de 14 MC et de 38 CAC (52 établissements).

LES COLLECTIVITÉS S’ENGAGENT AUX CÔTÉS DE L’ÉTAT ET LES SCÈNES NATIONALES SONT CRÉÉES.

En 1982, le ministère de la Culture passe de 0,47% à 0,75% du budget de l’État et, en novembre, Dominique Wallon, directeur du Développement culturel, indique la nécessité pour chaque établissement de constituer un projet artistique et culturel à partir d’un recentrage des activités sur des priorités clairement définies et d’un engagement dans la production artistique. 1983 voit naître les Centres de développement culturel (CDC), aidés par l’État, mais dont les clés de la répartition ont disparu au profit d’une discussion au cas par cas avec les collectivités territoriales. C’est en 1987 que Robert Abirached, directeur du Théâtre et des Spectacles, lance le principe de compagnies en résidence. En 1990, les 58 établissements (8 MC, 25 CAC et 25 CDC) sont regroupés sous l’appellation Scène nationale et l’Association des Scènes nationales voit le jour à Malakoff. C’est Bernard Faivre d’Arcier, qui officialise le label en 1991. En 1998, Catherine Trautmann, ministre de la Culture, souhaite définir les principes généraux de l’action de l’État en faveur du spectacle vivant; une volonté traduite dans la Charte de service public pour le spectacle vivant établie au terme d’une consultation des collectivités territoriales, des associations d’élus, des administrations et des secteurs professionnels concernés. Aujourd’hui 71 Scènes nationales sont implantées sur l’ensemble du territoire français. Toutes défendent une certaine vision du spectacle vivant: créatif, inventif, exigeant. Aux côtés d’autres structures, répondant à des missions complémentaires, adaptées aux besoins d’une population et des volontés politiques croisées, elles agissent au quotidien.


25 km d’autoroutes…

Le réseau des Scènes nationales est l’héritier d’une volonté de décentralisation qui s’est exprimée à partir du travail théâtral, à la Libération.
Étendu et développé par André Malraux qui, en visionnaire, lui a conféré ses lettres de noblesse, le projet de confronter l’art et les habitants, urbains ou ruraux, marque une tendance de fond et une originalité française. Chronique d’une exception culturelle.

En chiffres

11

Labels et réseaux nationaux pour le spectacle vivant en collaboration avec les collectivités territoriales

71

Scènes nationales

34

Centres dramatiques nationaux (CDN)

3

Centres dramatiques régionaux (CDR)

124

Scènes conventionnées

19

Centres chorégraphiques nationaux (CCN)

11

Centres de développement chorégraphique (CDC)

87

Salles de musiques actuelles (SMAC)

13

Centres nationaux des arts de la rue (CNAR)

12

Pôles nationaux des arts du cirque

24

Orchestres permanents en région

13

Opéras en région